L’invention de Morel de Bioy Casares

Ce livre est très court, mais il est percutant, comme un rêve dont on se rappelle tous les détails au matin.

Bioy Casares s’est attaqué ici à une thématique fascinante : l’impression de déja-vu, et la vie monotone des âmes perdues.

Un homme, persécuté par la justice fuit sur une île abandonnée après que tous ses habitants sont morts, tués par une étrange maladie qui a détruit la surface de leur corps avant de les anéantir complétement. Le réfugié, comme un naufragé, organise sa survie sur l’île avec précaution. Un jour, il aperçoit des silhouettes dans le complexe de bâtiments qu’il croyait abandonné. Il redouble de prudence et observe ces étranges habitants, qui semblent mener une vie monotone et répétitive d’estivants fortunés. Il tombe peu à peu amoureux d’une des jeunes femmes, et va même se risquer à lui parler. Mais ces tentatives échouent car la jeune femme ne semble pas même le remarquer. Je ne dirais rien de plus, pour ne pas dévoiler la trame fantastique tissée par Bioy Casares (que Borges qualifie de « parfaite » dans la préface qu’il écrit pour le roman!). Avec une écriture très simple, des phrases courtes, il nous emporte dans un récit traversé par le mystère, la folie, les esprits, l’imagination. Qu’il suffise de savoir que tout sera éclairci à la fin, mais d’une manière si brillante que l’on pardonnera de bonne grâce à l’auteur de ne pas laisser planer un doute qui fait souvent le charme des récits fantastiques.

Disponible en 10/18.

Elise

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