La tombe du tisserand de Seumas O’Kelly

Dans l’antique cimetière de Cloon na Morav en Irlande, les tombes se bousculent dans un sol boursouflé par des générations de morts. Le tisserand, Mortimer Hehir, vient de mourir, il sera un des derniers à y être enterré. Seulement, il faut trouver sa tombe. Et qui garde encore la mémoire de cet enchevêtrement de pierres et d’os ? La veuve et les deux fossoyeurs suivent dans le labyrinthe du cimetière deux vieillards impossibles, Meehaul Linskey le cloutier et Cahir Bowes le casseur de pierres. Ces deux figures grotesques nous accompagnent dans un livre étonnant. D’abord une langue simple, souple, souvent teintée d’humour. Et puis une histoire presque légère, presque cocasse, où vient pourtant se greffer une discrète étrangeté qui transforme le réalisme apparent du décor en paysage de fable. Il est difficile de parler longuement de ce roman sans trop en dévoiler.

Disons seulement qu’il s’agit d’un bon livre, savamment construit, où l’auteur attentif a placé des indices qui permettent de distinguer différents niveaux de lecture : fable cocasse, récit réaliste, allégorique, texte où perce l’étrange et le symbole… Seumas O’Kelly ne choisit pas, et nous propose avec élégance une écriture qui n’enfonce pas le clou.

Elise

Illustration de l’article : Suicide of Seneca, Michael Wolgemut

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