Alessandro Pignocchi: Anent, nouvelles des indiens jivaros

J’avais lu les trois tomes du Petit traité d’écologie sauvage et La recomposition des mondes d’Alessandro Pignocchi, mais pas encore sa première BD sortie en 2016 chez Steinkis, Anent, sous-titrée, Nouvelles des indiens Jivaros. Dans ce récit Pignocchi raconte un voyage chez les indiens Achuar, avec la culture desquels il s’était familiarisé en lisant Les lances du crépuscule de Philippe Descola, son mentor (et aussi le préfacier d’Anent). Quarante ans avant Pignocchi, Descola et sa femme Anne Christine Taylor avaient passé trois ans chez les Achuar  à la frontière entre l’Équateur et le Pérou, explorant une culture très différente de la nôtre et qui a de quoi fasciner un jeune anthropologue. Les liens entretenus par les indiens Achuar avec le reste du vivant sont très particuliers et on comprend qu’à leur contact Descola ait trouvé les armes qui lui ont permis ensuite de développer les thèses pour lesquelles il est devenu célèbre. Pignocchi retrouve dans son voyage certains des personnages du livre de Descola et cherche les traces de la culture décrite en son temps par son prédécesseur. Les dessins sont beaux (pour la plupart à l’aquarelle gris/noir/blanc) et le récit est à la fois sincère et plein d’humour. Il interroge la position de l’anthropologue, et présente avec un grand respect la vie des indiens Achuar. Bref, si vous avez aimé les autres BD de Pignocchi et que vous vous demandiez si la première valait le coup, foncez !

Conseil lecture d’Elise

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